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Cession Familiale : Cadeau Ou Fardeau ?

Cession familiale : cadeau ou fardeau ?

Assurant la relève de leurs parents, ils sont aujourd’hui à la tête de la pharmacie familiale. Cadeau empoisonné ou grande fierté ? Trois jeunes titulaires témoignent.

Certains ont toujours voulu être pharmaciens d’officine, d’autres se destinaient à être pharmaciens biologistes ou hospitaliers. Les uns sont devenus titulaires directement après leur soutenance, d’autres ont souhaité « voir du pays » et, pourtant, tous ont finalement repris l’établissement où ils ont grandi. Pourquoi et comment ? S’il y a autant d’histoires de transmission que de personnalités, des points de convergence émergent

Liberté, j’écris ton nom
D’entrée, le mythe du parent tyran est évacué. Aucun des pharmaciens interrogés n’estime avoir été « harcelé » pour reprendre l’officine familiale. Ainsi, si les raisons varient – « parce que la pharmacie avait du potentiel », « pour la patientèle locale » ou « par facilité » avouent certains, contredits par d’autres s’insurgeant que, de manière générale, ceux qui reprennent soient « vilipendés » –, ces transmissions sont l’aboutissement d’un choix personnel.

À la fin de ses études, René-Pierre Clément, pharmacien à Thionville (57), ne se sentait pas prêt à gérer les trente salariés de son père. Soutenu par ce dernier, il passe quelques années sur les bancs de l’Essec, puis bifurque vers l’industrie pharmaceutique, avant de revenir dans l’entreprise familiale. Un parcours atypique mais particulièrement formateur pour gérer en toute sérénité l’officine. À l’inverse, Timothé Goudot, titulaire à Boulogne-Billancourt (92), était sur le pont deux mois après sa thèse, de rénovation de la pharmacie ! Respecter les choix et le rythme de chacun, s’ils s’accordent, semble être la base d’une transmission réussie.

Cette liberté, respectée à l’aube du projet, a également été préservée tout au long du processus de transmission : pas de traces d’ingérence paternelle ou maternelle pendant la passation des pouvoirs, des Hauts-de- Seine à la Haute-Garonne, en passant par la Moselle.

Pédagogie, patience et autorité
Lorsqu’il revient dans le giron familial, motivé par les opportunités de développement que renferme la pharmacie de son père, René-Pierre est d’abord adjoint pendant cinq ans, mais « pas aux 35 heures ! » précise-t-il avec humour. S’il a hérité des précieuses connaissances en herboristerie de son père, il a également fait sienne la vision paternelle de l’exercice, subtil dosage de rigueur, conseil et empathie. Un rôle social cher à la profession dans son ensemble, et que l’administration désavoue, soulignent certains.

Damien Ghedin, pharmacien à Labastide- Saint-Sernin (31), a cogéré la pharmacie avec sa mère Martiane pendant huit ans. Cette dernière lui a transmis la passion du métier, mais aussi, plus concrètement, des compétences en gestion et en management. Être sous l’aile d’une personne bienveillante, qui prend le temps d’expliquer les ficelles du métier, est un plus propre à la transmission. De plus, cette progression en douceur permet de mieux appréhender l’entreprise, sa santé, son potentiel de développement, ainsi que la patientèle, pour choisir en toute transparence son projet de vie.

Enfin, cette continuité rassure clients, collaborateurs, fournisseurs… et banquiers ! En cédant son officine à un proche, on peut également transmettre, consciemment ou non, des habitudes, et rater ainsi l’occasion de dynamiser l’activité. Mais la confrontation des générations permet souvent de trouver un équilibre entre respect de ce qui a été légué et nouvel élan. Ainsi, la jeunesse insuffle un vent de fraîcheur réformateur… tempéré quand il le faut par l’expérience des aînés ! René-Pierre se souvient avec une pointe de fierté qu’à son arrivée, il a amorcé la transformation informatique de l’officine paternelle : « Nous avons été la première pharmacie de la région raccordée au DP et dans les cent premières de France à scanner les ordonnances ». Damien Ghedin, lui, rend hommage à sa mère, qui a su modérer sa fougue, tout en le laissant mettre en place des changements au fil des formations qu’il n’a cessé de suivre, en orthopédie, cancérologie ou diététique médicale, pour « ne pas laisser un client partir sans un conseil ». Aujourd’hui, tous continuent de consulter leurs parents lors des décisions importantes… même s’ils ne suivent pas toujours leurs avis !

Dans la majorité des cas, la construction juridique de la transmission est un mélange de donation et de cession afin d’optimiser fiscalement l’échange. Ensuite, la part de rachat varie d’une situation à l’autre. Lorsque la donation est prédominante, l’avantage pour le repreneur est certain car il n’a pas d’investissements financiers importants à supporter. En contrepartie, certains ressentent une pression supplémentaire, celle d’avoir encore moins le droit à l’erreur. L’obligation morale de faire grandir le patrimoine familial peut peser lors de la reprise et générer de la déception, voire de l’amertume si le repreneur n’est pas jugé « à la hauteur » du cadeau fait.

Le poids de la reconnaissance
D’importants dégâts émotionnels ne manqueront pas de découler de cette absence de légitimité. Considérer cette transaction avec l’oeil neutre d’un chef d’entreprise qui contribue quotidiennement à la réussite de son officine est le meilleur moyen de ne pas se faire gangrener par l’affect, à l’image de Timothé Goudot qui a repris la pharmacie familiale en regardant les chiffres : « L’établissement tournait bien, il était idéalement situé et avait un potentiel inexploité.

Je ne l’aurais pas repris s’il était en déperdition ». Bien que le bilan de ces expériences soit plutôt positif, nos trois pharmaciens se montrent réservés concernant une éventuelle reprise de l’officine par leurs enfants. « Je les encouragerai à faire des études de pharmacie car elles sont passionnantes », s’enthousiasme Damien Ghedin, rejoint sur ce point par René-Pierre Clément, « mais je ne les inciterai pas à reprendre l’officine dans le contexte actuel. J’attends de voir l’évolution du métier » ; continue-il en père prudent. « C’était une autre époque, le marché était plus porteur autrefois », confirme son confrère. En tout cas, tous s’accordent sur un point : les laisser libres de leur choix pour éviter les regrets… comme l’ont fait leurs parents avant eux !

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